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Le
propre de notre société actuelle, dite de consommation,
est une certaine tendance à l'uniformisation et le petit
monde de la maquette n'échappe pas à ce phénomène.
En compensation, plus cette tendance se développe au
niveau global, plus la tendance inverse est fortement ressentie
à l'échelon individuel. Chacun est en quête
d'identité, d'individualité et d'authenticité.
En maquettisme cela se traduit par un engouement pour tout ce
qui sort des sentiers battus, que ce soit pour les kits de conversion
ou les planches de décalcomanies. Le maquettiste d'aujourd'hui
veut bien, à la rigueur, construire un Spitfire, comme
tout un chacun, à condition que ce ne soit pas un Spitfire
banal. Et là, tous les moyens sont bons : conversions,
décorations "exotiques" et patine. C'est sur
ce dernier point que nous allons aujourd'hui porter notre attention.
La patine
(weathering en anglais) est un art dont l'aboutissement réside
dans un subtil dosage des moyens employés, partant du
principe fondamental qu'une absence de patine est toujours préférable
à une patine outrée.
Dans la réalité, force est de constater qu'il
est bien rare de voir du matériel franchement sale ou
détérioré. Mis à part quelques cas
(moto-cross, travaux publics, champs de bataille), les engins
sont maintenus relativement propres. Cela n'empêche pas
pour autant le temps et les intempéries d'agir en ternissant
les couleurs, en écaillant la peinture, en rouillant
certains endroits... Il faut donc bien faire attention à
demeurer plausible et ne pas couvrir de boue un Mirage III,
qui ne se déplace que dans l'air ou sur du béton,
en ne faisant pas rouiller un Mosquito, construit en bois...
Dans tous les cas
où l’on ne peut pas s'inspirer de documents photographiques,
il vaut mieux s'abstenir qu'inventer, cela d'autant plus que
certains engins sont le siège de phénomènes
spécifiques. C'est le cas, par exemple, de l'écaillement
particulier de la peinture des LeO-45 ou des traînées
d'échappement des Skyraiders.
Quel que soit le genre de salissures, chaque maquettiste possède
une ou plusieurs "ficelles", utilisant, le plus souvent,
des produits sans aucun rapport avec le maquettisme. Nous allons
essayer d'en recenser quelques unes.
LES
TRAlNEES D'ECHAPPEMENT
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Il
s'agit là d'un phénomène assez courant
sur les avions à moteur en étoile dont les
échappements débouchent sur les flancs du
fuselage (Skyraider, Corsair, Hellcat, T-28, etc.). La plupart
du temps, ces traînées sont brun-noir et vont
en se dégradant vers le brun-roux et l'ocre sur les
bords. On peut, pour cela, employer de la peinture presque
sèche passée au chiffon, au pinceau ou à
l'aide d'un coton pris dans le mandrin d'un stylomine. On
peut aussi utiliser de la poudre de crayon pastel ou encore
des crayons extra gras, dits "crayons laboratoire",
servant pour écrire sur le verre ou les métaux.
Certains vont même jusqu'à se servir de rimmel. |
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Noir
c'est noir. Une
dernière solution est d'utiliser tout simplement
du noir de fumée (la récupération du
noir de fumée s'opère en plaçant une
coupelle au dessus d'une bougie allumée). |
LES
TRAlNEES D'HUILE OU DE GRAISSE
Ces traces sont assez
courantes sur les véhicules; elles le sont moins sur
les avions qui sont immédiatement nettoyés (à
moins de représenter un avion accidenté). La teinte
est brun-noirâtre et doit être passée au
chiffon après avoir été largement diluée.
On peut aussi employer de la graisse, mais il faut faire très
attention, cette matière attaque souvent la peinture,
et parfois même le plastique... sans compter que la poussière
adhère particulièrement bien sur la graisse.
LA
BOUE
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A
proscrire pour les avions, (sauf cas très particuliers,
tels certains avions américains du Pacifique opérant
à partir de bases construites à la hâte
sur des atolls...), la boue est par contre recommandée
sur les engins tout-terrain (chars, bulldozers...). Les
ingrédients sont du talc et de la peinture de la
couleur désirée. On mélange le talc
à la peinture en sachant que plus on introduit de
talc, plus la "boue" est épaisse. Cette
"boue" est ensuite appliquée à l'aide
d'une petite brosse (une vieille brosse à dents peut
parfaitement bien faire l'affaire)... Bien entendu, il existe
bien d'autres méthodes, allant du mastic peint à
la boue naturelle, en passant par les produits «Floquil»,
pratiquement introuvables en France... |
LA
POUSSIERE
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La
poussière est, elle aussi, plutôt caractéristiques
des véhicules terrestres (engins militaires, voitures
de rallyes). Pour ce faire, on emploie de la peinture mate
très diluée qu'on applique à l'aérographe
(surtout pas au pinceau). On peut protéger certaines
zones avec du ruban adhésif comme, par exemple, les
zones de balayage des essuie-glace. |
ÉRAFLURES
ET ÉCAILLEMENT
Les éraflures
sont très courantes sur les avions comme sur les véhicules
terrestres. On doit toutefois faire attention à ce qu'elles
demeurent discrètes. Elles sont réalisées
au pinceau avec de la peinture argent presque sèche.
Les écaillements sont plus compliqués à
réaliser surtout lorsqu'ils sont très étendus,
comme sur les bimoteurs français Lioré et Olivier
LeO-45. Là, il faut procéder par projection (bombe
aérosol ou aérographe). Dans un premier temps,
on passe un voile de peinture aluminium aux endroits à
écailler puis, après un séchage prolongé,
un voile de peinture de la couleur de l'engin. Après
nouveau séchage, la peinture s'écaillera "facilement"
à la lame de cutter. Il est, bien entendu, recommandé
d'effectuer quelques essais sur des pièces hors d'usage.
IMPACTS
DE PROJECTILES
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Les
impacts de projectiles sont généralement assez
mal représentés sur les maquettes. Il faut
savoir qu'un projectile qui heurte une tôle repousse
le métal devant lui. Prenons le cas d'une aile d'avion
touché à l'extrados : à l'extrados,
on représentera un simple trou sans déchiquetures;
à la sortie (à l'intrados), les bords du trou,
cette fois, seront déchiquetés. Ce trou de
"sortie" sera d'ailleurs plus grand que le trou
"d'entrée". Les bords de ces trous seront
peints en aluminium. On veillera également à
un espacement logique entre les impacts et à leur
disposition. |
SALISSURES
DES ARMES
A l'instar des salissures
d'échappement, elles seront exécutées au
crayon gras, mais attention à ne pas forcer la dose...
LA
ROUILLE
Très
rare sur les avions, la rouille est parfois présente
sur les véhicules militaires, mais c'est sur les navires
qu'elle est le plus visible où elle forme de longues
traînées brunâtres le long des coques. La
couleur rouille peut être obtenue (entre autre) en mélangeant
du rouge carmin à une quantité plus ou moins importante
de vert. Plus il y a de vert et plus la couleur obtenue est
brune. Les endroits rouillés seront peints au pinceau
tandis que les traînées le seront au tampon avec
de la peinture largement diluée.
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Grande
échelle :. Sur
des maquettes à grande échelle (1/8, 1/9,
etc.), on peut rendre le "grain" de la rouille
en ajoutant (par exemple) du sel fin à la peinture. |
ENFONCEMENTS
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Les
enfoncements sont le propre des véhicules et plus
particulièrement des garde-boue, des marche pieds,
etc. Il s'agit donc de déformer le plastique sans
le briser, ce qui ne peut se faire qu'à la chaleur.
Cette opération n'est pas facile car il faut beaucoup
de doigté sous peine de voir les pièces concernées
irrémédiablement perdues. |
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Chaud,
chaud ! Il
est préférable d'éviter d'opérer
au dessus d'une flamme. On préférera une source
de chaleur d'origine électrique (plaque chauffante,
grille pain...) ou de l'eau bouillante. Pour les faibles
épaisseurs de plastique, le diluant peut être
employé. Dans tous les cas, le mieux est de s'exercer
sur des pièces inutilisées.
Pan
!
Les orifices créés par les projectiles seront
représentés à l'aide d'une épingle
chauffée et l'éclatement de la vitre par des
traits de cutter.
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MacManus
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